Savoir & tradition
Le gaïac de Nouvelle-Calédonie, un arbre pas comme les autres
Derrière le rhum brun La Métisse, il y a un arbre : le faux gaïac (Acacia spirorbis), que l'on appelle simplement « gaïac » sur le Caillou. Bois de brousse, bois de stockmen, bois de tradition — voici son histoire.
Un bois emblématique du Caillou
Le gaïac calédonien pousse en abondance dans la brousse de la côte ouest, celle-là même qui entoure la distillerie à Moindou. Son bois, d'une densité et d'une dureté remarquables, résiste au temps comme peu d'essences au monde : c'est lui que les stockmen choisissent depuis des générations pour les piquets de clôture et les poteaux des stations d'élevage, plantés en terre pour des décennies.
À ne pas confondre avec le gaïac officinal des Caraïbes (Guaiacum officinale) : le « faux gaïac » du Pacifique est un acacia, dont le nom vernaculaire varie d'une région à l'autre de la Nouvelle-Calédonie. C'est ce bois d'ici, dense et aromatique, que la maison a choisi de torréfier.

Dans la pharmacopée traditionnelle kanak
Le faux gaïac occupe une place bien documentée dans la pharmacopée traditionnelle kanak. Les usages diffèrent selon les clans et les îles, mais l'arbre est notamment employé en décoction ou en infusion, dans des remèdes traditionnels contre la gratte (ciguatera) et certains maux de reins.
La tradition orale lui attribue aussi d'autres propriétés : apaiser les douleurs et courbatures, aider à lutter contre les états fébriles, favoriser la récupération après une maladie, redonner des forces en tonique général, ou encore soulager certains troubles digestifs. Un patrimoine vivant, transmis de génération en génération, qui dit la place singulière de cet arbre dans la culture du pays.
Et dans nos rhums ?
À la distillerie, le gaïac intervient pour ce qu'il fait de mieux : son bois. Torréfié puis mis au contact de notre eau-de-vie de mélasse double distillation, le cœur de gaïac transmet au rhum brun La Métisse sa robe dorée aux reflets rouge acajou et ses notes boisées profondes — une première mondiale, née de la rencontre entre un arbre du pays et un savoir-faire de distillateur.

Un bois d'ici, un goût d'ailleurs
